Je vous relate divers constats. (Вход при условии) ou...considérations élégantes sur le merdier français. Avec ce blog, vous n'avez plus besoin de "la télévision du peuple", ni de ses clowns, aux ordres de Big Brother: Vous avez votre Pravda personnelle.
Les "bonnes nouvelles" électoralistes pleuvent
Big Brother ne désarme pas. On verra la suite.
Didier FERET
La dette publique en baisse de 2,3 points et la croissance du PIB à 2,1 % en 2006
LEMONDE.FR | 29.03.07 | 21h46 • Mis à jour le 29.03.07 | 21h46
La dette publique de la France a baissé de 2,3 points en 2006, à 63,9 % du PIB, mais reste au-dessus des critères de convergence de Maastricht (60 % du PIB), affirme jeudi 29 mars le quotidien Les Echos sur son site Internet. Le déficit public est retombé à 2,5 % du PIB, un niveau de déficit inférieur de 0,2 point à la prévision initiale, et de 0,4 point au chiffre de 2005. La croissance a été revue en hausse de 0,1 point, à 2,1 %, selon les chiffres que l'Insee doit publier officiellement vendredi, affirme le quotidien économique.
Jusqu'à présent, le gouvernement affirmait que le déficit public de la France en 2006 devrait être proche de 2,6 %. Mardi, le ministre de l'économie, Thierry Breton, avait dit espérer que la dette de la France en 2006 afficherait une baisse supérieure à 2 points. Il s'agissait d'un engagement du gouvernement.
Le taux des prélèvements obligatoires reste stable, à 44,4 % du PIB
Encore une bonne nouvelle électorale
Je gage que, passées les élections, les comptes retomberont dans le rouge...
Il faudra un jour que l'on m'explique la frontière exacte entre les notions d'information, de désinformation, et de manipulation.
Didier FERET
Le déficit de la Sécurité sociale s'est réduit en 2006, surtout la maladie
Source:LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.03.07 | 09h28 • Mis à jour le 18.03.07 | 09h31
Les comptes de la Sécurité sociale sont restés dans le rouge en 2006 mais se sont nettement améliorés par rapport à l'année précédente, avec un déficit du régime général réduit à 8,7 milliards d'euros contre - 11,6 milliards en 2005, grâce notamment à l'essor des médicaments génériques.
Les chiffres définitifs devaient être annoncées de manière officielle en début de semaine mais le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, qui est également le porte-parole Nicolas Sarkozy, en a dévoilé l'essentiel, dans une interview à paraître dans le Journal du Dimanche (JDD).
L'assurance maladie est à - 5,9 milliards contre – 6,1 milliards prévus. "En deux ans, nous avons divisé son déficit par deux", explique le ministre de la santé. Selon lui, la branche vieillesse est à - 1,9 milliard d'euros (contre - 2,4 milliards anticipés) et les caisses d'allocation familiales affichent - 0,9 milliards d'euros de déficit, au lieu des 9,8 milliards initialement prévus.
Le ministre salue "les efforts des Français", qui "ont porté leurs fruits, avec au titre des bonnes nouvelles une accélération de la diffusion des génériques à partir de la mi-2006". La consommation de ces médicaments, qui sont des copies de produits de marque dont le brevet est tombé dans le domaine public, et sont vendus environ 30% moins cher, a généré 263 millions d'euros d'économies au premier semestre.
"Depuis 2004, le trou a été réduit de 25 %", dit-il. Xavier Bertrand salue par ailleurs l'accord trouvé entre les Caisses d'assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux sur une revalorisation du tarif de la consultation des généralistes. L'accord prévoit un relèvement des tarifs en deux étapes : un euro supplémentaire au 1er juillet prochain puis un euro au 1er juin 2008. Au final, la consultation sera portée à 23 euros. "Le passage à 22 euros représente 130 millions d'euros. C'est un accord important qui ne demandera pas d'efforts aux assurés sociaux. L'enjeu est clairement de montrer aux jeunes que la médecine générale reste attractive", dit Xavier Bertrand.
Le ministre de la santé, défend l'idée du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de mettre en place une franchise sur les actes médicaux afin de "responsabiliser les patients". "Le montant de la franchise n'est pas encore déterminé et nous tiendrons compte de la situation des plus démunis, des enfants et des personnes gravement malades", explique-t-il.
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COUAC !
Selon l'article ci-dessous, Le Figaro, lui, ne chausse pas de lunettes roses
France: Déficit de la balance des paiements en légère hausse
Au mois de janvier, le déficit de la balance des paiements s’est légèrement accru. Il s’élève à 2,8 milliards d’euros, contre 2,7 milliards en décembre.
Sabotage, terrorisme et chaos
L'encre coule à flots, et les octets du web chauffent très fort.
C'est, une fois encore, monopoliser le devant de la scène, pour peu de chose.
Les vrais problèmes sont occultés, dans une "politique de l'autruche" générale.
Le réveil risque de ne pas être rose.
DF
Quand on regarde le monde en face, et compte tenu des innombrables difficultés et conflits de tout ordre qui nous affectent directement ou indirectement, on peut être tenté de se demander "mais où allons-nous? combien de temps pourrons-nous résister à cela?". Les experts ont une réponse plutôt courageuse si on lui donne son véritable sens, "nul ne sait ce qui peut encore nous arriver demain", ou mieux, "nul ne peut dire qu'elles en seront les conséquences".
L'humanité toute entière est engagée dans un tourbillon infernal qui se nourrit des problèmes pour en produire d'autres, à un rythme effréné. Ce phénomène, qui existe probablement dans une forme latente, perceptible et mesurable depuis un peu plus d'un siècle, est désormais dans une phase hautement critique. Pour ma part j'estime même que, s'il a été pendant longtemps possible de pouvoir empêcher le pire, nous avons aujourd'hui dépassé un "seuil de non retournement", ce qui rend le mécanisme de broyage inéluctable et ininterruptible.
Depuis l'ère industrielle avec le renfort de la mondialisation et de l'économie globale, une mauvaise répartition des richesses et des gains, une distribution inéquitable des énergies fondamentales, l'injustice, la corruption, les erreurs historiques, les puissances politiques divergentes, le contrôle dans l'ombre, l'absence d'une stratégie globale saine et sage et la puissance des religions sont les causes des tensions toujours plus grandes entre les hommes et qui les poussent à s'opposer.
Si les spécialistes et les experts ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les conséquences des troubles de la période actuelle et ne font que prévenir qu'elles ne seront pas négligeables, on peut quand même tenter de se faire une idée sur ce qui nous attend.
Pour résumer, on sait déjà que les pays modernes, l'occident en particulier, connaissent de sérieux problèmes économiques, et un ralentissement général de leurs activités. Ce sont eux aussi qui supportent les plus importantes charges structurelles, et qui sont donc aussi les plus vulnérables en théorie, car leur capacité de rebond est finalement assez réduite.
En même temps, le coût des matières premières et des énergies augmente significativement du fait de leur rareté et de leur sécurisation. Les réserves de pétrole et de gaz s'épuisent plus vite que prévu à cause du développement, pourtant prévisible, de l'Asie, les installations sont de plus en plus difficiles à exploiter, et il est de plus en plus dangereux de les acheminer. Presque toutes les zones de production étant en guerre ou en conflit plus ou moins naissant, ceci nécessite des moyens de sécurisation toujours plus lourds, généralement militaires. Pour être plus précis, toute l'économie globale, tout le monde occidental, toutes les populations des pays riches et même les autres ont un modèle de maintien et de développement qui repose directement sur la disponibilité des énergies fondamentales. Une modification même mineure d'un paramètre concernant la disponibilité ou le prix de revient a rapidement une conséquence fantastique sur une quantité de choses qui nous affectera tous, au quotidien.
L'impact sur les individus, essentiellement économique au début, est palpable, il se caractérise par une augmentation des charges et pressions de toutes natures, par la baisse du pouvoir d'achat, et par la rupture de confiance envers le système politique et gouvernemental, gouvernements qui n'ont successivement jamais apporté de réponses miraculeuses, toutes tendances modérées confondues.
Les personnes physiques, les individus, sont les éléments les plus fragiles dans la société, ils ont néanmoins une grande capacité d'adaptation et d'absorption des chocs, d'encaissement des problèmes successifs. Hélas comme toute résistance élastique, il y a toujours un seuil de rupture au delà duquel il serait bien hasardeux de se prononcer concernant la matière humaine.
Les personnes morales, les entreprises, sont le moteur du système, c'est autour d'elles que tout s'organise. Malmenées, ne disposant que de moyens limités pour subsister dans le temps à des longues périodes de ralentissement économique, évoluant dans une sorte de brouillard sans visibilité, subissant des contraintes financières toujours plus grandes, elles sont également sensibles aux troubles. Pour leur survie, elles suspendent l'embauche, ou licencient quand elles ne cessent pas tout simplement d'exister.
Les institutions publiques, au service des gouvernements et des populations, sont également soumises aux mêmes contraintes, plombées par le manque de rentabilité ou de dynamique, et par leur poids.
Face à cette situation, les diverses populations vont réagir de plus en plus violemment, pour atteindre de nouveaux standards. Les manifestations publiques seront de moins en moins pacifiques et toujours plus incontrôlables dans leurs débordements. On a déjà constaté par ailleurs que les forces de l'ordre ne s'opposent plus frontalement aux groupes violents, mais se contentent de protéger les biens publics et privés, au lieu d'entrer en confrontation directe, évitant ainsi probablement de nombreuses victimes.
Les conclusions des expériences passées seront mises à profit. Les gens savent désormais que des actions pacifiques n'apportent plus aucun résultat, ainsi, en marge nous assisterons à des actions violentes, rapides, parfois dévastatrices, opérées par de petits groupes, très mobiles et très motivés. Ces actions seront menées dans un esprit de vengeance, de forte revendication et d'anarchie, tous les problèmes seront mêlés pour finalement s'exacerber à l'occasion des manifestations publiques, chacun en profitant pour exprimer toujours plus de mécontentement. Tous les prétextes seront bons pour s'opposer au système et aux gens qui le font.
Très rapidement, un nouveau type d'action va émerger, on en voit déjà les prémisses. Mais personne n'ose réellement prononcer son nom tant c'est inquiétant. Il s'agit du sabotage. Des actions insidieuses, subversives, difficile à prévenir, qui ont pour but de nuire.
Les sabotages pourront être orchestrés par des individus seuls, ou par des groupes motivés par la vengeance et le désespoir. L'essentiel de ces actions criminelles pourraient ne pas être signées, ni revendiquées ce qui en compliquera leur identification.
Ainsi, nous verrons de plus en plus d'incidents, d'accidents, d'anomalies, de "choses curieuses", à toutes échelles, qui auront des conséquences fâcheuses, sans que nous puissions clairement déterminer avec précision ni les causes ni les auteurs. Pour un bon nombre d'entre eux, il s'agira de sabotage, bien au delà du simple vandalisme. Je pourrais donner de nombreux exemples indémontrables, comme la rupture d'approvisionnement en électricité, la détérioration dans les systèmes de télécommunication, les ralentissements ou obstructions administratives, les perturbations dans les réseaux de transport, les malfaçons industrielles, les procédures de contrôles bâclées, mais néanmoins validées, faussant les informations, etc. Il existe des centaines d'hypothèses.
De plus en plus de gens ont conscience de pouvoir "ralentir", "paralyser", ou "parasiter" le système économique ou des décisions politiques en agissant par le sabotage.
Le sabotage est une forme de criminalité très opaque contre laquelle il est très difficile de lutter, tous les domaines peuvent être concernés. Une fois répandue, il me paraît peu probable que nous puissions aisément rétablir un climat sain et sécurisé.
Au delà du sabotage, il y a le terrorisme.
Pour le moment, on associe essentiellement le terrorisme à l'islamisme radical, or je rappelle que le terrorisme n'est évidemment pas toujours motivé par le fanatisme religieux. Dans l'avenir, le terrorisme pourrait être lié à toutes les formes de revendication, largement inspiré par le terrorisme islamique.
Le terrorisme est une notion qui doit définir tout ce qui amène ou installe la terreur dans l'esprit des gens. Il se formalise par des actions violentes, sournoises, inattendues. Ainsi, par exemple, je qualifierai de terroristes un groupe de producteurs de vin qui s'organise pour monter une opération de destruction de stock controversé, où les membres qui participent à l'opération sont cagoulés et armés n'hésitant pas à s'attaquer y compris aux forces de l'ordre en les faisant reculer ou fuir. Par ces propos je ne juge pas si ces actions, ou la manière de les mener, sont justifiées ou non, je dis simplement qu'il s'agit de terrorisme. En novembre 2005 lors des émeutes en France, j'avais déjà parlé de terrorisme urbain, propos repris dans la presse. Bientôt, nous pourrions voir émerger des opérations "commando" ici ou là, organisées par de petits groupes de gens en rupture sociale et économique, qui pourraient par exemple prendre d'assaut des centres commerciaux, dérober des biens, et s'enfuir très rapidement avec toujours des victimes innocentes, personnes morales ou physiques. Si en plus, comme je le pense, ceux qui participeront à de telles opérations seront cagoulés, nous serons bien en présence selon moi d'une action criminelle terroriste.
Un autre exemple me semble encore plus parlant. Quand le litre d'essence sera à deux euros ou plus, croyez-vous que nos véhicules seront à l'abri des vols de carburant par le perçage des réservoirs?
Une société humaine moderne, confrontée en permanence à une criminalité complexe, mêlant sabotages et terrorisme plongera dans le chaos. Cette idée me paraît tout à fait réaliste, sévère, mais réaliste. Qui pourrait nous assurer, nous affirmer, nous garantir même qu'une société civilisée républicaine avec tout ce que cela implique puisse s'en sortir, ou même simplement se maintenir, dans un environnement turbulent, instable, oppressant et que chaque individu ne va pas subir directement les aléas de telles situations par nature inmaîtrisables?
Même si je suis conscient de passer pour un déclinologue, selon la formule de certains, je peux quand même proposer aux plus objectifs d'entre nous de se préparer à vivre des moments plutôt difficiles, prochainement, au cas où. Face au pire, on s’en sort toujours mieux quand on est prêt et informé, et si on y réchappe on pourra toujours se dire qu’il vaut mieux prévenir que guérir.
Olivier RIMMEL
Analyste
La névrose française
De puissants exégètes en cherchent les causes, chacun dans son domaine, en accusant, tour à tour, divers boucs émissaires, les « terroristes », la « mondialisation », le « capitalisme sauvage » etc.
Certains font des fixations. « Le lobby juif », a dit un certain Raymond Barre, « les francs maçons », disent d’autres…
Dans ma jeunesse, c’étaient, tour à tour, fonction des personnalités, « les communistes », ou « les curés », et bien d’autres thèmes, aujourd’hui dépassés, mais bel et bien remplacés.
Tout ceci n’est que faux fuyant, voire délire. La réalité est infiniment plus complexe, et plus grave.
Au fil des événements, et, effectivement, en raison de la conduite politique des affaires du pays, depuis la seconde guerre mondiale, la France a, peu à peu, sombré dans une sorte de névrose, dont l’effet consiste à amener, dans la pratique, chaque citoyen à se défier de son semblable.
La preuve m’en échoit, à raison de mes activités de journaliste, spécialement de journaliste engagé dans la défense d’une cause citoyenne.
Je publie, entre autres, de nombreux textes, et de nombreux livres de vulgarisation, pour tenter de faire prendre conscience de leurs vraies possibilités d’action, aux créateurs individuels que sont les « petits inventeurs »
Récemment, en fonction de l’évolution, j’ai étendu mon action au moyen d’Internet, ce qui amène ma prose à être lue, rapidement, par un nombre de personnes nettement plus important que par le passé
Ma position est très claire : Je dis aux « inventeurs » que leur sacro saint « brevet d’invention », qui coûte si cher, et dont l’efficacité est fort relative, n’est pas la seule corde dont leur arc peut disposer, en raison de l’existence des lois sur le droit d’auteur, qu’ils peuvent, s’ils savent y faire, invoquer sans bourse délier, ou quasi.
Je ne vais pas vous tirer, ici, dans des débats techniques.
Simplement, le sens de mon actuelle réflexion, est le suivant :
Il est avéré que mon action d’information dérange les « puissances en place », je veux dire, pour ce qui est de la France, l’Institut National de la Propriété Industrielle, et aussi, le puissant lobby, non pas juif, celui-là, mais juridico économique, des professionnels du brevet.
Chose normale. Mon discours est le suivant : « Inventeur, cesse de te faire peler par des prédateurs plus avides d’engranger des profits que de servir tes intérêts, et regarde donc ailleurs, l’herbe peut y être plus verte »
Ce faisant, je monte sur les plates bandes de prestataires établis, dans ce qu’ils prennent pour une tentative de détournement de clientèle.
Qu’ils s’en soit suivi des escarmouches, des bagarres, est normal. De bonne guerre, dirais-je.
J’ai résisté, et je suis toujours en place, garde à vue et répression des fraudes hors course, à leur grand dam, mais : C’est la vie.
Mais, là où la névrose française entre sans cesse en jeu, c’est dans le procès d’intention permanent qui m’est fait, par ceux qui se placent, spontanément et subjectivement, en position d’adversaires, alors que mon action ne les préjudicie en rien.
J’explique aux inventeurs que la défense de leurs droits, qu’ils en passent par l’acquisition du brevet, fort onéreuse, ou par l’invocation du droit d’auteur, acte citoyen sans frais significatifs, sera finalement assujettie à la prestation de la profession juridique, face au pouvoir judiciaire, le seul maître du jeu.
Je préconise, bien sûr, la solution la plus économique, et, ce faisant, je demeure bon prince envers les juristes, exhortant mon public à payer des honoraires d’avocat, plutôt que des annuités de brevet.
J’aurais pu m’attendre à ce que les juristes professionnels voient en moi un nouveau prescripteur, et m’abreuvent de sourires. (je n’en demanderais pas plus)
Mais, cela ne se passe pas ainsi.
J’ai vécu, récemment, diverses réactions, en provenance des milieux juridiques, qui ont refusé toute idée de relations de « bon voisinage », dirons nous, avec moi, au motif que ces Messieurs n’entendraient pas apporter un concours, même passif, à une « entreprise mercantile »
Plus jeune, je pense que je serais « tombé sur le cul », devant une telle attitude, un tel préjugé, au sens étymologique du terme, fondé sur du néant.
Mes sites Internet, et mes blogs, dénoncent clairement mon identité et ma qualité professionnelle.
Je suis journaliste et auteur littéraire, depuis quarante cinq années consécutives, j’ai collaboré à des dizaines de journaux, dans le monde entier, j’ai écrit plusieurs dizaines de livres, et, de ce fait, je gagne très bien ma vie, merci.
Les inventeurs, qui constituent mon lectorat, dans le domaine spécifique dont je traite ici, et qui sont des amis personnels, pour la plupart d’entre eux, me savent, en général, gré des efforts que je fais pour eux, et ne manquent pas de me témoigner diverses formes de gratitude, ce que j’apprécie vivement, et qui constitue la trame de ma « vie publique »
Je leur approprie tout un tas d’infos utiles, je leur remets des livres gratuitement, je les aide, parfois, à monter leurs stands dans des expositions où il me plaît de me rendre, je leur crée, bénévolement, des sites Internet, etc. Il m’est même arrivé de faire des chèques à certains, qui en avaient vraiment besoin, et dont je n’ai jamais envisagé le moindre remboursement. Ma forme de mécénat, modeste.
Bien sûr, en bon journaliste professionnel, je détiens « mes sources » et suis en mesure de prouver tout ce que j’écris ici, autant que de besoin, en régime judiciaire, s’il le fallait.
Dans ce décor, de parfaits inconnus, veulent absolument, à priori, voir en moi un exploiteur du peuple, un vulgaire mercanti… sans rien savoir de moi, et là est leur problème.
Ces quidams ont sans doute l’âme du magistrat, sans en voir la formation, ni le talent, et encore moins l’expérience, qui « jugent » un inconnu, sur des « effets de surface » (mes écrits)
Grand bien leur fasse, mais il m’est aisé de démontrer qu’ils sont « à côté de leurs pompes »
L’intérêt du sujet que je développe, ne m’est pas personnel.
Je vous livre (c’est mon métier) l’élément d’information qui motive les présentes.
Un jour, j’ai dialogué, sur son blog, avec un individu se présentant comme élève avocat, qui s’est permis de me nommer, dans un billet contradictoire, relativement ironique, pour avoir relevé mon patronyme sur l’un de mes sites.
Je lui ai, poliment, fait valoir mes positions.
Après quelques dizaines d’échanges, ce jeune Monsieur a bouclé son blog, au niveau des commentaires accueillis, prétextant ceci :
J'ai supprimé l'un des commentaires, car je n'ai pas envie qu'il y ait de la publicité de cette société sur mon blog.
Un aveu et une révélation.
L’individu, par une alchimie mentale que je qualifie ici de « névrose française », en discussion avec un journaliste professionnel, annonçant nettement la couleur, s’est, sans doute, auto persuadé que la véhémence de mes convictions ne pouvait qu’être sous-tendue par des intérêts pécuniaires.
Il a voulu me voir, fonction de ses propres conditionnements, comme un vague agent commercial, sans doute, vantant les mérites d’une quelconque marchandise, ou prestation… La bêtise ne connaît guère de bornes.
Le premier psychologue venu nous dira que l’un des traits du mental humain consiste à assimiler, à priori, la structure mentale du protagoniste à la sienne propre.
Pour ce garçon, sans doute, la densité de mes convictions ne peut pas être fondée sur autre chose qu’une recherche de profit. De nos jours, l’altruisme est suspect.
Là réside le mal français. Le procès d’intention permanent, à base de déductions délirantes.
On pourrait même effleurer, à ce niveau, le contexte de la paranoïa, « des prémisses fausses, sur lesquelles peuvent s’élaborer des raisonnements intrinsèquement logiques »
A y regarder d’encore plus près, on peut frémir d’horreur.
Que ce garçon se soit imaginé que je défends une cause économique, bon, admettons. Chacun peut commettre une erreur de jugement. Mais, là où le bât blesse (de son côté) c’est qu’il s’est conduit d’une manière systématiquement réprobatrice, à la limite de l’agression.
De quel droit, en fonction de quelle morale ?
Et quand bien même, je mènerais une action lucrative, où serait le mal, dans la mesure de la satisfaction d’une « clientèle » ? Dans la mesure où mes prétendues « prestations », rencontreraient l’approbation de « ma pratique », en toute licéité, bien sûr, au niveau d’un engagement de moyens ?
Quand il sera avocat, ce garçon ne facturera-t-il pas des honoraires, en toute bonne conscience ?
Les choses se passent comme si chacun se sentait « dans son bon droit », en gagnant de l’argent, tout en refusant de tolérer le bien fondé de la même attitude envers son vis à vis.
Un peu plus tard, j’ai observé la même réaction, chez un autre citoyen, qui a bien voulu, lui, rester un moment en dialogue avec moi, après que je lui aie véhémentement excipé mon authentique désintéressement personnel.
Non, Messeigneurs, je ne facture pas « d’honoraires de consulting », et je puis le prouver. Je suis journaliste, et non prestataire de services.
Celui-là, certainement plus mûr que le précédent, m’a adressé la phrase suivante :
« J'admets tout à fait être mal informé, mais je suis ravi d'apprendre que vous ne facturez pas vos activités de consulting. »
Quel autre aveu ! Je serais un « marchand de prestations » (ce qu’il est, lui-même, à n’en pas douter) je serais « mauvais », mais si j’affirme travailler gratis, moi, alors, on peut continuer, pour un temps, à me fréquenter.
Vous noterez que son mental profond se révèle, au niveau de la subjectivité, par la formule « vos activités de consulting »
Il a rêvé, et je lui en laisse la responsabilité, que je serais « opérateur, en matière de consulting », alors que, tout ce qu’il pouvait savoir de moi lui venait de mon site, où ma biographie de journaliste figure en tête !
Curieux, non ? Celui qui gagnerait sa vie, en prodiguant d’honnêtes prestations, est vu comme un pestiféré, aux yeux de ceux là mêmes qui pratiquent l’action rétribuée.
Voilà bien, la névrose française. (par ailleurs, à y regarder de près, de telles attitudes me paraissent sous-tendues par une sorte de tension psychologique sous jacente, relativement malsaine. Ces gens là doivent souffrir de certains scrupulus bien cachés, dans les profondeurs de leurs dendrites, au niveau de l'équilibre de l'ego; Faudra que je m’en ouvre au Dr Freud. Il y a de la pathologie, là dedans)
Sans rien savoir, ou presque, de son vis à vis, le premier venu commence, dès le premier contact, à lui chercher des poux sur la tête, à lui prêter des actions, et des intentions, et à les réprouver, d’abord et avant tout.
Où en est le consensus social, cher à Jean Jacques Rousseau ?
Voilà, pour l'essentiel, de quoi elle crève, la France.
Au lieu de « se tirer dans les pattes », à longueur de temps, si nos chers compatriotes investissaient leur énergie dans des actions imprégnées de positivisme, on serait peut-être mieux lotis.
Chose plus grave : Je vous parle ici d’avocats, et d’aspirants avocats, lesquels, s’il faut en croire la législation, sont censés être instruits de la notion de « présomption d’innocence », tous azimuts.
Eh bien, nous n’y sommes pas vraiment !
Non contents de devoir prouver son innocence au tribunal, en qualité de justiciable, on en est rendus à devoir, en amont, fournir des preuves d’innocence préliminaires à son avocat, en qualité de client.
Des mentalités de concierge, in fine.
Pauvre France ! Heureusement que je l’ai quittée, il y a déjà longtemps, en termes de domicile, sinon, je ne dormirais peut-être pas tranquille tous les jours.
Par pudeur, j’ai titré mon papier « la névrose française »
D’autres, à ma place, moins diplomates, auraient pu titrer « Une mentalité pourrie »
Didier FERET
Euro: L'arnaque monétaire
A l’observation rapprochée, pour ce qui est de la France, on constate que, maintenant, on sort une pièce d’un euro, comme, jadis, on sortait un franc.
Le billet de 20, que je qualifierai de « billet du peuple », tant il est vrai que c’est à peu près le seul qui circule sans suspicion, a remplacé le billet de cent francs, et l’acquisition faite à l’aide de cette image bleue, ne vous en donne pas autant qu’auparavant…
Ceci, pour la vie quotidienne. Maintenant, j’ai fait un autre constat, concernant la notion des investissements des particuliers.
Figurez vous qu’un de mes amis a récemment acquis un petit terrain à la campagne, de type agricole, parfaitement inconstructible, peu accessible, du genre dit « terrain de loisirs » où un père de famille citadin souhaite emmener ses enfants le plus souvent possible, afin d’y respirer le bon air du bon Dieu.
Ce quidam a dû lâcher 20.000 euros ce qui, de nos jours, paraît un minimum : Le prix d’une vague voiture. Qui oserait espérer trouver de « l’immobilier » pour moins que çà ?
Ce qui est intéressant, c’est que, chez le notaire, en prenant connaissance des origines de propriété, on constate que ce terrain, non construit, non commercial, non industriel, bref, tout juste bon à être contemplé, avait été payé par son précédent propriétaire, précisément 20.000 francs, moins de dix ans auparavant.
Six cent cinquante six pour cent de hausse ! On peut parler de « bulle immobilière », mais, dans ce ratio, j’ai vu d’autres causes.
En fait, subrepticement, en moins d’un lustre, l’euro a pris la place du franc, dans le vocabulaire courant, et il a « ajusté » les choses à sa mesure.
On nous a vendu de nouvelles pièces et de nouveaux billets, 6.56 fois plus cher qu’avant, sans guère nous donner grand chose en contrepartie.
Et, çà continue. Si mes renseignements sont exacts, il paraîtrait que les Pays-Bas viennent de retirer de la circulation les pièces de 1 et de 2 centimes d’euro…
On arrondira. Ce sera écrit 6.98 sur l’étiquette, mais vous devrez payer 7.00, faute que l’on puisse vous rendre la monnaie, pour des raisons techniques, bien entendu.
Les Belges, me dit-on, s’apprêtent à en faire autant, et les autres, dont la France, n’en doutons pas, suivront. J’ignore, à ce jour, si la Slovénie, le « petit dernier » à entrer dans la danse, a fait les frais de frapper des « petites pièces », pour vous les confisquer, un jour ou l’autre.
Partis sur cette pente, je subodore que le « petit » billet, de 5 euros, n’en a plus pour longtemps, et qu’il sera, un jour ou l’autre, remplacé par une pièce.
Comme çà, le tableau sera cohérent, au niveau du porte monnaie proprement dit :
La pièce d’un euro, pour remplacer celle d’un franc, et la pièce de cinq euros, pour remplacer celle de dix francs.
A ce petit jeu là, il faudra vite pondre un billet de trente, comme jadis, on nous a sorti (dans les années 80) le billet de deux cents francs… Le billet de 30 remplacera celui de 20, et la ronde infernale se poursuivra.
L’arnaque monétaire est moins impopulaire, parce que plus insidieuse, que la fiscalité directe, mais ne doutons pas qu’elle rapporte à nos chers dirigeants.
Et vous votez pour ces gens là ?
Décroissance ou retour aux sources
Pourtant, il y a certainement beaucoup à gagner, dans une "décroissance consentie"
Voyez un survol de souvenirs pas vraiment anciens...
Les plus anciens de mes souvenirs remontent à l'époque d'un événement très fort, qui a marqué le milieu du XXe siècle: La seconde guerre mondiale.
Ma famille m'a fait baigner, par la suite, pendant des décennies, dans le souvenir morbide de l'occupation allemande qu'a alors vécu la France. Rafles, délations, exécutions sommaires, "Gestapo"...
J'avoue humblement avoir quelque peu pris en grippe ces narrations, sans cesse répétées, et hors de mon vécu.
Les baraquements de l'après-guerre, les ponts métalliques provisoires, quelques ruines, les cartes routières marquées de rouge, aux emplacements de champs de mines, ont constitué une partie de mon décor, en ces temps lointains, mais ne me laissent aucune tristesse, en vérité.
Mon univers interne, lui, n'avait que faire de la guerre récemment terminée, et le concept qui me reste le plus en mémoire, de cette période, tient en peu de mots: "Le progrès".
Un dictionnaire me donne, comme définition de "progrès": "Développement de la civilisation".
J'avais la nette impression que le monde avait vécu un très ancien temps, que les aînés appelaient "avant-guerre", ressenti par moi comme pré néanderthalien, et que j'avais l'immense privilège de me trouver au cœur même des "temps modernes".
Pensez, ce devait être en 1954, ou à peu près, ma chère maman, fée du foyer ancienne mode, très attachée à son ménage et à ses fourneaux, m'apprend qu'elle a réussi à acheter, à crédit, sans trop en parler à papa, un robot ménager.
Cette bête mystérieuse, que l'on a dénommée par la suite "mixer", lui permettrait de réaliser soupes, gâteaux et autres merveilles culinaires, en appuyant sur un simple bouton...
On n'arrête pas le progrès !
Dans la rue, c'était encore l'époque des voitures d'avant-guerre, noires, fumantes et cahotantes, mais on n'allait pas tarder à voir surgir, entre quelques véhicules hippomobiles quelque peu anachroniques, des "dauphines", des "203", bref, de vraies voitures modernes et colorées.
A la campagne, nous étions déjà sortis des lampes à pétrole de ma petite enfance, et de magnifiques lampes électriques pendaient au plafond, qui n'exhalaient plus aucune fumée, et nous éclairaient autrement fort.
S'il est vrai que ma mère allait toujours traire les vaches à la main, quelquefois aidée par moi en cela, nous avions aussi vu s'installer à la maison "l'eau courante", et c'en était fini de la corvée des seaux, au bord du puits ou de la rivière, selon les besoins. J'ai rendu hommage à la vertu du robinet.
De toutes parts, nous progressions, et d'ailleurs, notre journal local, duquel je suis vite devenu un lecteur assidu, se titrait "Le Progrès".
Tout un programme, que nous étions bien désireux de suivre.
Lorsque, parfois, les enfants sont toujours exigeants, je me plaignais de ne point encore disposer de choses que j'avais pu voir, chez des copains habitant en ville, mon père, philosophe, m'expliquait qu'il ne fallait pas être envieux des autres, et que lui-même, "avant-guerre", s'était passé de beaucoup de choses, sans pour autant en mourir.
Il disait aussi : "Tout vient à point à qui sait attendre".
Je pense qu'il avait bien raison en cela, car la chose attendue et souhaitée procure encore plus de bonheur quand on la convoite, que quand on la détient.
Le stress n'avait pas encore été inventé, et la télévision, si elle existait à dose infinitésimale, monochrome et circulaire, chez les grands de ce monde, ne s'était pas encore répandue chez nous.
La guerre étant finie, nous n'entendions plus jamais d'autres bruits d'armes à feu que les honnêtes calibres douze de nos chasseurs, dans les périodes adéquates, bien entendu.
La radio nous parlait du monde extérieur, sous forme de bulletins d'information, où des "speakers" nous appelaient "mesdames et messieurs", et s'exprimaient calmement, en excellent français, comme le faisait remarquer mon instituteur, sorti tout droit de chez les émules de Jules Ferry.
On parlait peu de "vacances". Le terme alors le plus usité était "congés payés".
Mon père, lui, travailleur indépendant, n'y avait pas droit, mais il disait que çà lui était égal, et qu'il n'aurait pas aimé être payé à se la couler douce.
Le mot "criminalité" n'était pas encore entré dans le dictionnaire.
Nous savions qu'il existait une "crise du logement", mais, personnellement, nous étions peu concernés dans notre ferme.
Souvent, à pied, ou à bicyclette, je parcourais des kilomètres de routes, et je faisais bien attention aux autos (on disait peu "voiture", alors), car je ne suis pas fou, et je n'allais pas me faire écraser. Mes parents ne me permettaient pas de déambuler la nuit, hors de la ferme, et je n'avais aucune peine à obéir: Que serais-je allé faire, sur les routes, la nuit ? Je vous le demande.
Le vélo était mon moyen officiel de locomotion de l'époque.
Papa, lui, avait une auto. Non pas qu'il fût riche, mais il m'a expliqué qu'il en avait toujours eu une, dès que ses moyens le lui avaient permis, même avant guerre, pour aller travailler.
Nous avions aussi une jument, dédiée aux travaux agricoles, et il était bien rare qu'on l'attelle pour la route.
La voiture était une "traction". Elle dépassait le cent kilomètres/heure sans effort apparent, mais papa était prudent. Jamais nous n'avons connu d'accident.
Dans l'auto, je m'installais à l'arrière, le plus souvent, sauf quand j'étais seul avec mon père. On avait des poignées pour se tenir, et il ne nous serait pas venu à l'idée de nous ficeler sur nos sièges.
Je me souviens d'avoir rencontré bien peu de gendarmes.
Aux passages à niveau, il y avait des gardes-barrière, avec qui l'on pouvait échanger quelques mots, et l'on pouvait admirer de grosses locomotives à vapeur, empanachées de fumée blanche et noire.
C'est curieux, mais plus j'y pense, plus je me souviens avec netteté que nous ignorions la peur et l'inquiétude.
Les choses allaient de soi. La radio et les journaux nous parlaient bien de bandits, quelquefois, pas trop, mais cela ne nous concernait guère.
Les « terroristes » n'existaient plus, dont la carrière avait pris fin avec la guerre.
Près de notre village, on trouvait tout ce qu'il fallait de gens aussi importants qu'utiles.
Il y avait Monsieur l'Instituteur, Monsieur le Curé, aussi, et, bien sûr, Monsieur le Maire, Monsieur le Notaire, et le Docteur.
Chacun connaissait son rôle, et tout ce monde nous inspirait le respect, n'est-ce pas normal ?
On goudronnait de plus en plus de routes, mais j'allais quand-même bien souvent sur les chemins de terre, moins fréquentés des voitures, et pleins de noisetiers et de châtaigniers.
Je n'ai jamais été un grand sportif, et, sorti de mon vélo, mon exercice se passait le plus souvent dans les livres.
J'ai connu ma vocation très jeune.
Aux âges où les jeunes garçons veulent être pompiers ou pilotes, je voulais, moi, être journaliste. Personne ne le savait autour de moi, car j'avais oublié, sans malice, de le dire, mais je dévorais toutes les lectures qui me passaient sous la main.
Cela allait d'Alexandre Dumas à Tintin, en passant par Flaubert, et, plus tard, Maupassant et Balzac.
Ces années passèrent pour moi dans la plus grande ignorance des troubles profonds du monde, des guerres, des révolutions, du terrorisme, du chômage et du futur sida.
La guerre était loin derrière, avec ses terroristes, le chômage était le métier des fainéants, disait papa, et la politique était une engeance pourrie qui ne valait pas qu'on s'y arrête, "à moins d’en vivre", précisait-il.
Ce qui est sûr, c'est que dans la quinzaine d'années qui a suivi "la libération", et qui m'a vu grandir, aucune des préoccupations majeures et lancinantes, des jeunes et moins jeunes d'aujourd'hui, n'avait cours.
Nous n’avions pas encore à pratiquer des quantités d'êtres bizarres, qui ont vu le jour, ou qui ont débarqué plus tard, et qui peuplent le monde d'aujourd'hui.
On savait bien qu'il existait des "communistes", personnages hautement dangereux, dont M. le Curé nous avait dit qu'ils habitaient, pour la plupart, en Russie, qu'ils était tout rouges, et que, si d'aventure, on en rencontrait un par ici, il valait mieux l'éviter. Je ne pense pas en avoir jamais rencontré un.
En tous cas, si l'un de ces êtres diaboliques (M. le Curé avait prononcé ce mot, mais sans nous en expliquer plus), a jamais croisé mon chemin, il devait être bien déguisé, car je n'ai rien vu de tel.
Les bons et les méchants étaient assez faciles à repérer. Parmi les bons, il y avait, bien sûr, les notables, et les ouvriers sérieux, se levant tôt chaque matin, pour aller travailler.
Au rang des méchants, il y avait ceux que l'on pouvait voir entrer au bistrot, et tous les fainéants qui ne travaillaient pas, mais, peu nombreux en ce temps-là, du moins, par chez nous.
Il y avait aussi des riches et des pauvres, nous avait-on expliqué, comme étant une chose normale, mais moi, je n'en ai jamais rencontré, ni d'une sorte, ni de l'autre.
Papa, parfaitement d'accord avec mon instituteur (un "homme de gauche", paraît-il), ainsi qu'avec M. le Curé, m'avait appris qu'il suffisait de travailler pour être heureux, et de gagner de l'argent pour se payer ce qu'on voulait. Papa était contre le crédit, qu'il appelait "des dettes".
Je n'ai jamais bien su, et je ne sais toujours pas, ce que veut dire, au juste, un homme "de gauche", par rapport à un homme "de droite".
Je me souviens simplement que, dans ma jeunesse, les gauchers (ceux qui écrivent de la main gauche), étaient un tant soit peu brimés, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, tant s'en faut.
Il y avait ceux qui allaient à l'église, et ceux qui n'y allaient pas. Nul ressortissant de l'un de ces deux groupes n'aurait pensé à aller taper sur la figure de l'autre pour autant.
Les guerres de religion faisaient partie des leçons d'histoire, pour ceux qui allaient à l'école.
On était horrifiés à la pensée d'imaginer qu'il avait fallu se cacher, en des temps immémoriaux, pour aller au culte, ou pour ne pas y aller.
Dans le cours de mon heureuse jeunesse, je me souviens, il y a eu, dans mon esprit, un lent élargissement des concepts, une maturation insensible, mais certaine, sur des sujets que, l'âge aidant, on ne peut manquer d'aborder.
La xénophobie m'étant étrangère, j'ai, dès que l'occasion m'en fut offerte, fait connaissance avec "l'étranger".
Cet étranger était "l'Anglais", un voisin…
Ils ne disent pas M. le Curé, ils disent "Révérend", mais ils parlent au Bon Dieu des chrétiens, tout comme les Français.
Ainsi, de ma pratique précoce des Anglais, j'ai gardé le goût de faire connaissance avec les étrangers qui, finalement, ont pour différence essentielle avec nous, de parler une autre angue, que l'on peut apprendre, puisque moi-même, tout jeune, ai appris suffisamment d'Anglais pour me sentir à l'aise en Grande-Bretagne.
Je n'ai jamais ressenti aucune gêne, face à un étranger, et, dans mon entourage, il en était de même.
Une légère exception était faite, en ce temps-là, pour les Allemands, qui n'étaient pas des étrangers comme les Anglais, m'avait-on appris, mais qui étaient des "Boches". Une race belliqueuse ayant laissé de bien mauvais souvenirs.
Je n'ai pas pu, dans ma jeunesse, vérifier par moi-même à quoi ressemblait un "Boche", pour ne jamais en avoir rencontré un.
Toujours est-il que j'ai su, dès l'aube de ma vie, que nous étions Français, mais aussi que nous n'étions pas la seule espèce humaine au monde.
S'il existait des Anglais, et aussi des Allemands (peut-être méchants, mais bien réels), j'ai vite compris qu'il pouvait exister des douzaines d'autres sortes d'étrangers, parlant des douzaines d'autres langues, certains bons, certains méchants.
Cela me paraissait élémentaire, et ne me posait aucun problème. J'avais même envie de connaître d'autres étrangers.
La vie passait, calme, et j'allais à l'école avec intérêt.
Notre instituteur nous enseignait, certes, le programme prévu par "l'Education Nationale", en toute bonne foi, mais on sentait qu'il y mettait une conviction toute personnelle.
Il nous faisait la leçon de morale et celle d'instruction civique. Il nous apprenait qu'il est stupide et criminel de se maltraiter les uns les autres, et nous n'avions aucune peine à le croire, tant çà nous paraissait évident.
Curieusement, au catéchisme, M. le Curé nous disait exactement la même chose, en nous précisant bien qu'il tenait ses renseignements d'un certain "Jésus", un homme sage qui n'avait pas de défauts.
Très souvent, on pouvait observer que le discours de l'instituteur et celui du curé se ressemblaient énormément.
L'instituteur nous expliquait que chacun est libre de ses opinions, et que lui, s'il ne mettait jamais les pieds à l'église, trouvait bien normal que d'autres y aillent.
Le curé, lui, devant certaines de nos questions, qui débordaient les préoccupations de Jésus, nous priait gentiment de voir çà avec notre maître d'école, qui, sans nul doute, nous fournirait les bonnes réponses.
Il nous arrivait, du moins pour certains d'entre nous, de répercuter à l'école les choses traitées au catéchisme, et vice-versa, sans que ceci n'ait jamais déclenché de problème.
A la maison, c'était pareil. Papa n'allait jamais à la messe que pour les enterrements, maman, elle, prenait soin d'y aller tous les dimanches.
Mais jamais aucun des deux ne m'a montré de débat ni de conflit à ce niveau.
Le curé venait bien une fois pas an à la maison, rendant visite à ma paroissienne de mère, et mon père lui payait un coup. On parlait de tout et de rien, et çà se concluait par un sonore "Au revoir M. le Curé", un point c'est tout.
Mon père disait, parfois, "Les curés, c'est comme les communistes, il en faut un peu, mais pas trop".
Jamais personne ne m'a expliqué ce qu'il entendait par là. Le mot "tolérance" ne nous avait pas encore été enseigné.
Mon père distillait sans doute une certaine sagesse.
Moi, je n'ai compris que beaucoup plus tard le rapport qui peut exister entre un curé et un communiste.
Il faut dire que, dans la bonne France rurale de mon enfance, les curés avaient pignon sur rue, si je puis dire, et les communistes, beaucoup moins.
Toujours est-il que, entre la mère nature, au sein de laquelle nous vivions, la terre, la mer, les animaux, l'instituteur, le curé et les parents, nous recevions un ensemble de données sur la vie, qui nous ont permis de juger de nous-mêmes par nous-mêmes, et de ne pas nous égarer dans des doutes et des troubles métaphysiques.
A observer les personnages qui nous entouraient, tout n'était pas rose, certes.
Nous savions qu'il existait des "fous", mais nous savions aussi qu'il y avait des asiles pour les soigner.
Il y avait bien aussi quelques aveugles, que l'on voyait circuler avec une canne blanche, et que nous aidions, au besoin, à traverser la rue, c'est la moindre des choses.
Il y avait aussi, bien sûr, des sourds. Surtout parmi les gens âgés. On élevait le ton pour leur parler.
Certaines personnes n'avaient qu'une jambe, et une jambe de bois. C'était un peu curieux, et triste aussi à regarder. Mais la guerre n'était pas si loin, et les accidents ont toujours existé.
Aucun d'entre nous ne se serait amusé de rire de l'infortune de ceux d'entre nous qui avaient perdu l'une des facultés dont nous jouissions...
Par contre, nous n'avions aucune notion de ce que peut être un "non-voyant", puisque tout aveugle vous dira qu'il n'y voit rien, ni un "malentendant", puisque les sourds le sont, c'est évident, non ? Quant aux unijambistes, je pense qu'ils auraient fort mal pris, en ce temps là, de se faire traiter de "personnes à mobilité réduite".
Autres époques, autres mœurs, me direz vous, mais il faut quand-même appeler un chat un chat.
Nous avions quelques veuves de guerre, dans notre entourage. Ces infortunées élevaient leurs enfants avec courage et dignité, et il ne nous serait pas venu à l'idée de les qualifier de "familles mono parentales".
De même, les rarissimes filles-mères connues dans le canton, cachaient leur infortune et leur honte bien en dehors de toute "mono parentèle".
N'allez pas croire que nous fussions plus naïfs qu'aujourd'hui sur les dures réalités, et les tares en tous genres qui affectent l'être humain.
Nous savions très bien ce qu'est un pédéraste, et ceux-là ne se vantaient jamais de leurs mœurs particulières. Ils ne défilaient pas dans les rues, et ne se faisaient pas appeler "gays".
Il y avait des familles. Je veux parler de gens mariés, qui, dans leur immense majorité, avaient des enfants, et les élevaient. Il y avait des célibataires, des veufs, et même quelques divorcés.
Des divorcés, M. l'instituteur ne disait rien de spécial.
Il nous avait expliqué qu'il s'agissait de gens ayant été mariés ensemble, et qui, ne s'entendant plus, s'étaient séparés pour éviter des bagarres.
M. le Curé, lui, nous offrait un autre son de cloche: Il disait que le divorce était interdit par l'Eglise, car quand on s'était mariés, c'était pour la vie, rien moins.
Il disait que le divorce était un péché, tant que les divorcés restaient seuls, chacun dans leur coin après séparation.
Il disait aussi que le divorcé qui osait se remarier à la Mairie, puisque la République est plus permissive que l'Eglise sur ce point, vivaient en état de "péché mortel".
C'était bon à savoir, çà ne nous faisait pas vraiment peur, et, nous autres, gamins, n'en étions pas encore rendus à l'article du mariage. Bref: Des points de vue d'adultes.
De toute manière, quand nous croisions un couple dans la rue, nous ne pensions jamais à lui demander s'il était marié, pas marié, ou ancien divorcé: On s'en fichait pas mal.
La vie des gens ne regarde que les intéressés, toute autres considérations n'étant que ragots.
Ce que nous n'avions, par contre, jamais pu penser, c'est qu'il pourrait arriver un jour où un homme envisagerait de se marier avec un autre homme, et une femme avec une autre femme.
Jeunes, mais pas naïfs, ai-je dit, nous vivions dans la réalité de la nature, et nous savions bien qu'une portée de cochons ne peut pas être engendrée entre deux truies, ni deux verrats.
L'idée même d'un mariage, ou de quelque chose comme çà, quel que soit le nom qui puisse être donné à une telle absurdité, entre individus de même sexe, nous aurait paru digne de mener son auteur à l'asile.
Mais, heureusement pour nous, nos jeunes esprits ne furent pas, alors, troublés par de telles folies.
Nous aspirions au "progrès", ce qui, pour nous, consistait à alléger les efforts quotidiens qu'il faut fournir au travail et à la maison, mais nous n'envisagions pas que ce progrès puisse se dessiner sur les voies d'une dégénérescence de l'humain, à aucun niveau.
Notre cadre de vie du moment nous laissait les pieds bien ancrés sur le plancher des vaches.
Entre l'école, pour les enfants, le travail, pour les adultes, et la volonté générale "d'améliorer l'ordinaire", nous avions suffisamment d'occupation pour ne pas nous dissoudre dans des idées extravagantes, de quelque ordre qu'elles fussent.
Les diverses tâches qui nous incombaient suffisaient à nous occuper.
Non point que nous ne souhaitions pas connaître quelque repos, voire quelque loisir, mais, pour cela, il y avait le cinéma, les visites familiales, les amis et relations.
Bien sûr, il y a eu, de tous temps, des insatisfaits, cherchant toujours mieux, toujours plus, en toutes choses, mais ceux-là, vus de notre fenêtre, avaient quelque chose de détraqué.
Nous ne ressentions pas le besoin de parcourir mille kilomètres à toute vitesse, pour voir la mer ou la montagne, et encore moins de nous y astreindre périodiquement.
De ma modeste connaissance de l'Anglais, je tirais avantage de connaître le mot "week-end", qui, chez nous, veut dire "fin de semaine".
Une semaine, on sait ce que c'est, et M. le curé nous parlait, lui, du dimanche, exclusivement, pas du samedi.
Bien sûr, ce faisant, il prêchait pour le maintien de ses ouailles dans ce qu'il pensait bon pour elles. Jamais nous ne lui avons entendu prononcer la formule "week-end", qui n'existe, ni en français, ni en latin.
M. l'instituteur non plus, ne préconisait pas que l'on utilise un mot anglais, en lieu et place d'une bonne expression bien française.
A quoi bon ? On parle le Français, ou on parle l'Anglais, mais on respecte la pureté du langage de chacun, non ?
De nos jours, pourtant, j'ai cru comprendre que le "week-end" a détrôné le dimanche, et qu'il est quasiment devenu une religion en soi. Sommes nous plus heureux pour autant ? J'en doute très fort.
J'ai entendu, parfois, au fil des années, des gens de télévision remplacer le terme "week-end" par la formule, bien française dans la forme "Congé de fin de semaine", mais c'est une traduction malhonnête.
Je confirme que "week-end", en Anglais, ne se rapporte nullement à une notion de congé: Cela veut dire "fin de semaine", et rien d'autre.
J'ai, au fil du temps, noté bien d'autres exemples, où le sens de choses simples a été altéré, sous couleur de traduction, ou de prétendu sens de la précision.
Un exemple me vient en tête, bien typique du début du XXIe siècle: Les "avantages fiscaux".
Comment le fisc, qui exerce, c'est bien connu, sur le peuple, une pression économique en constante augmentation, peut-il oser parler "d'avantages" offerts au contribuable, alors qu'il ne constitue qu'un inconvénient ?
Le terme "avantage fiscal" est un contresens. Au mieux, il s'agit de la pondération d'un inconvénient, en aucun cas d'un avantage.
Le sens du mot "avantage" est détourné, altéré, dénaturé, inversé. C'est à la fois un outrage à la langue française, et une malhonnêteté politique.
Mais je parlais de bon sens, de vie saine, et non de politique, ce qui est exactement le contraire. Ne nous égarons pas.
Donc, j'en étais à me souvenir que, dans ma jeunesse, si les gens n'étaient pas ennemis de panacher leurs activités entre travail et délassement, ils ne me paraissaient pas atteints par des frénésies de week-ends et de vacances, comme c'est maintenant le cas.
Le concept "vacances", qui est devenu une profession, pour beaucoup, et une obligation, ou quasi, pour les autres, ne nous tourmentait guère.
Nous autres, écoliers, attendions avec plaisir les "grandes vacances". C'était l'été, qui coïncidait avec le beau temps, et les travaux des champs.
C'était aussi l'époque où nos pâles cousins citadins nous rendaient visite, ce qui nous distrayait beaucoup.
Les gens des villes avaient des "congés payés".
Cette idée choquait fortement mon père, qui n’entendait être payé que pour son travail, et rien d'autre. Les gens payés à ne rien faire ne valant pas grand chose selon lui.
On notera au passage qu'il y a quelque bon sens dans cette pensée.
Mais, les congés payés, qu'on le veuille ou non, se sont répandus, et, si le terme a pratiquement été abandonné, son contenu, lui, est allé à l'inflation.
Pensez, si mes renseignements sont justes, une loi française, dite "sociale", datant de 1936 (avant guerre), a ordonné que les employeurs laissent leurs salariés s'absenter chaque année deux semaines, de leur travail, et que ces deux semaines soient rétribuées aux travailleurs, comme s'ils eussent été présents à leur poste.
Soixante cinq ans plus tard, ces deux semaines ont été portées à cinq semaines, et j'ai entendu dire qu'on ne s'en tiendra pas là. Les patrons doivent devenus être bien riches, pour payer tant de gens sans contrepartie !
Vous me direz, certains "salariés" (douce formule catégorielle), perçoivent, paraît-il un treizième, quatorzième (et plus), mois de salaire par an.
Il faudra que l'on m'explique comment les auteurs du calendrier romain, qui rythme notre vie, encore au IIIe millénaire, s'y retrouvent, alors que je crois savoir que le calendrier commun se limite à douze mois seulement, mais c'est sans doute une autre histoire.
Donc, chaque été, nous voyions débarquer de charmants citadins en vacances.
Aussi loin que je me souvienne, cette coutume de nous sauter dessus, en rangs plus ou moins serrés, aux premières semaines de l'été, n'a jamais été trop appréciée par les autochtones, malgré le charme certain d'un contact vivifiant avec d'autres modes de vie et points de vue.
Il existe une espèce de surenchère discrète de néo snobisme ville-campagne.
Le provincial à Paris pensera, et le laissera subtilement voir :
"Toi, mon gars, tu ne m'en remontres pas avec ton gadget dernier cri, je l'ai déjà vu, la semaine passée, quand tu faisais la queue au passage à niveau qui est au coin de ma ferme, pendant que tu klaxonnais comme un âne..."
Il existe, et c'est sympathique, une induction parisiano-provinciale perpétuelle.
Cette situation tourne, en fait, à l'avantage de nous-autres, paysans, car le Parisien ne la remarque pas, qui est tiré à des millions d'exemplaires, toujours renouvelés, pour ce qui est des visites chez nous.
En vérité, s'ils nous agacent parfois un peu, on les aime bien quand-même, avec leur complexe de supériorité, qui nous permet souvent de les arnaquer gentiment, tant sur les tarifs de nos excellents restaurants de fruits de mer, que sur celui de nos prétendues chaumières.
Il faut dire que, chez nous, les tarifs faramineux qu'on leur propose parfois passent comme une lettre à la poste, tant ils sont habitués au racket tous azimuts, dans leur bonne ville.
En finalité, le touriste citadin, essentiellement parisien, est perçu chez nous comme une autre sorte de vache à lait que la vache normande, plus polluant, sans doute, mais bien utile.
Tout ce petit monde faisait relatif bon ménage, chacun parvenant à tirer son épingle du jeu, sur le dos des autres, bon an, mal an.
Désormais, le charme paraît rompu.
D'abord, dans le temps, les envahisseurs de qui je viens de parler, nous laissaient au moins cinq jours de répit, chaque semaine, histoire de nettoyer la voirie de leurs immondices, en tous cas, et ne nous laissaient pas trop de mauvais souvenirs.
Mais, maintenant, ils sont pratiquement là, par roulement, douze mois sur douze, ou au moins onze, (mais pas treize ni quatorze), et ont importé chez nous leur dose de délinquance quotidienne.
L'élégance parisienne a régressé, çà se voit au premier coup d'œil, et ils nous abreuvent de chèques en bois et autre "plastic money".
Notre province n'est plus ce qu'elle était, de s'être vue submerger par un certain tourisme de masse mauvais genre, comme partout.
Nous sommes passés du gentil parisien en goguette chez les paysans, par proximité, et du sympathique "congés payés" du mois d'août, aux masses tarées du temps libre et autres 35 heures. Misère ! Je parle, parfois, de dégénérescence.
Les rues de notre province ne sont plus sûres, et le promeneur nocturne et romantique, sur la plage, se fait rare, car il craint l'agression.
Signe des temps. Et ma sage bourgade n'est pas la seule concernée, qui n'est pas une "banlieue à risques".
Je voulais me remémorer une époque où le consensus social paraissait perceptible à tous, où nul n'emmenait de Ministres en prison, où l'on disait "Monsieur le Président de la République", et non "Chirac", où les gauchistes ne se déguisaient pas en curés.
Cette époque est révolue, c'est sûr.
Était-elle meilleure que les précédentes, je ne saurais le dire de façon sûre, mais elle était plus agréable que l'actuelle.
Ceux qui avaient des ennemis les connaissaient, ce qui, apparemment, n'est plus le cas.
Nous vivions entre nous, et, s'il y avait des mécontents, ils n'agressaient pas, gratuitement, tout le monde et n'importe qui, à tour de bras.
Le policier n'était pas traîné devant le Tribunal, pour avoir fait son travail, et les Procureurs ne poursuivaient pas à tour de bras, tout un peuple de coupables présumés. La machine est déréglée, c'est sûr.
Au cours d’un demi siècle d'observations, j'ai pu déterminer certaines causes, de ce dérèglement.
L'une de ces causes se nomme "marketing", une autre se nomme "télévision", une autre encore se fait appeler "mondialisation".
Mais la cause profonde, principale réside dans l'incurie des politiques, dans leur bêtise, dans leurs compromissions, dans leur goût du lucre.
Tant que des fractions importantes des affaires humaines seront régies par de soi-disant démocraties, où règnent en maîtres les notions de démagogie effrénée, et de profits capitalistes, les choses empireront.
Le progrès a mal tourné: Je n'y crois plus.
L'inventeur de l'année, ou le clown du moment
Mon vieux Raymond, la « télévision du peuple » s’en fout pas mal, de ton invention.
Tu me diras, je suis content pour toi, moi qui te connais bien, avec ton béret, et ta cotte rouge. Dans tous les cas, tu as mérité ton heure de gloire, en raison de tous les efforts que tu fais, sur bien des plans.
Tu ne doutais pas de tes mérites et de tes capacités, quand tu me disais, il y a quelques mois : « Je gagnerai le concours de la TV… »
Tu avais bien raison. Mais, aujourd’hui, que tu as été sacré grand vainqueur, sais tu à quoi tu le dois, au juste ? Peut-être pas. Alors, je vais te le dire, car ce n’est pas à un vieux de la vieille du journalisme comme moi, « qu’on va la faire »
Tu dois les feux de la rampe à ton art personnel du spectacle. C’est ta tenue de père noël qui a gagné la partie, ta dégaine, ta verve, ta faconde. Tu es un personnage, et je t’en félicite, tant nous sommes entourés d’êtres dévitalisés, de pauvres hères, le plus souvent même en complet veston.
Tu as peut-être trouvé ta véritable vocation : Le show biz.
Là, oui, tu peux t’éclater.
Mais pour revenir à « l’inventeur » de l’année, je reste perplexe. Il est bien gentil, ton barbecue, mais, au risque de te vexer, je t’affirme que, vu de ma fenêtre, il existe des inventions plus révolutionnaires. Mais celles là, elles ne risquaient pas de propulser leur auteur sur le devant de la scène, si le bonhomme n’est pas « médiatique »
Nous vivons dans un monde de trompe l’œil, de « vérités officielles », tout en décor, en carton pâte.
A défaut d’inventivité, tu as gagné ton diplôme d’Hollywood. Chapeau !
J’espère que tu demeureras quand même des nôtres, et qu’avec ta notoriété, que je ne souhaite pas trop brève (sait-on jamais), tu nous réorganiseras un Salon d’inventions, dans ta bonne cité de Bram, cette année, et les années suivantes.
Car tu es, en toute réalité, un inventeur, et un défenseur de la famille : Comme moi.
Alors, en avant, mais gardons la tête froide.
Mais, quand même, un conseil d’ami : Fais gaffe aux médias, et à leurs entourloupettes.
Avec toi, ils sont tombés dans leur propre panneau. Ils t'on sacré "inventeur", alors que tu l'étais déjà, tout simplement parce que tu as un "look d'enfer"...
Disons que je t’aurai prévenu.
Didier FERET